(...)

 

Souvent, je tente de saisir quelques brins d'herbe et de lumière que je dépose ici ou là (accomplissant aussi un travail que personne ne m'a demandé de faire)...

 http://prumtiersen.typepad.com/journal/page/2/

 

j'aimerai pourtant avoir du temps pour dire aussi, les gens.

  

Rendre hommage par les mots (bien evidement) et à défaut en photographies, de leur présence au monde.

 Ainsi, croisé l'autre jour, des visages qui racontent des histoires

 

 

 Et cette volonté pour ce faire de ne rien posséder ou déposséder dans la rencontre de l'autre, j'aime à la retrouver encore chez Christian Bobin.

" La grosse femme à la robe couleur de fraise entrée dans le café, serre énergiquement la main de chaque client, inventant une fraternité de fin du monde. Puis elle s'accoude au comptoir et demande un verre de rouge avec le naturel enjoué des gens du peuple et des saints irrévélés.

je bois un blanc avec un ami. Le ballon du verre scintille, embuée d'une lumière glacée, plus rafraîchissante que le vin. Dieu m'a mis dans le désert : à lui de me désaltérer. La sainte couleur de fraise me rappelle par son geste que rien en profondeur ne sépare les humains. Nous sommes tous naufragés de l'éternel et le plus simple geste - pour peu qu'il soit vrai - est un débris du ciel à quoi nous raccrocher."