Immemory

21 mai 2013

...

J’ajoute ceci, avec Emaz quand il parle du travail décrire, extrait de Cuisine :

... 

"Il y a bien un apprentissage ; il peut passer par l’école, le travail solitaire, l’atelier… bref par une pratique. Dans le même temps, reste à lire. Reste enfin à dépasser l’apprentissage et les lectures. Là, on doit être à peu près sur la ligne de départ d’une œuvre possible. Reste à vivre et se dépasser soi-même, crise violente ou évolution progressive, pression du dehors et exigence du dedans.

Cette démarche ne me semble pas spécifique au poète ou à l’écrivain ; elle est celle de n’importe quel artiste. Le médium n’importe pas, il fait seulement appel à des « dons » différents, mais c’est bien pour cela que l’on choisit d’être peintre ou musicien ou danseur, ou poète…

Il s’agit toujours d’aller vers soi pour l’autre. Comment est-ce que je vais triturer singulièrement le medium pour être à la fois le plus complètement moi et le plus ouvert à autrui, à mon temps et à ce qui dépasse mon temps ? Cela revient à travailler au plus profond ma part commune."

 

 

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...

Ça passe 
 
dans la pluie et le gris 
 
quelle résonance confuse 
s’obstine 
dans ce froissement 
d’air et d’eau 
sans mots 
 
un pan de passé 
tire en arrière 
 
un épais vent d’eau 
aussi lourd que ce temps 
 
***  
 
on n’en sort pas 
 
ça passe et chacun terre 
ses morts vite ses rêves 
chacun dedans pèse 
son poids de figures vite 
vues perdues 
 
on longe 
 
***  
 
reste du temps devant 
mais on change mal de route 
avec cette gêne 
ce sac 
 
il faut trop de temps de mots 
pour vraiment voir et 
se repérer un peu 
 
en attendant 
ce qui gagne sur nous 
prend visage 
 
comme une figure de rien 
 
et cela n’émeut pas 
mais colle au sol 
atterre.  
 
 
Antoine Emaz, « Peu importe », Sauf, Encres Djamel Meskache, Tarabuste, 2011,

 

...

 

Oui, pour me permettre d'avancer
sur d'autres formes d'écriture
 et notamment
-Ils étaient doux et tous mourraient dans la détresse-

...

IMMEMORY SE MET EN PAUSE.

du 21 MAI au 21 JUIN.

...
en "vacances de posts"
jusqu'au premier jour de l'été.

...

See you later
...

"car on ne saurait mieux dire"

 

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20 mai 2013

Rêver d'impossible

(...)

« Le malheur de bien des êtres, ce n’est pas de n’avoir plus rien à boire, c’est de n’avoir plus soif. «   Jean-René Huguenin.

 

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(...)

Jours de pluie encore et toujours. 

La cheminée, le feu nécessaire, celui qui donne la chaleur qu'il nous faut.

Et la lumière comme un souvenir, dedans.

Trouver les mots de Blanche, s'en gorger l'âme,
dans la lumière, rêver d'impossible 

et

penser encore à ceux qui sont
dans une telle peine
les empêchant tant de sentir la lumière..

 car oui...

(…)

"L’amour fait mal, la solitude s’étend, les rêves s’écorchent. A force de recevoir des coups, on ne sait plus comment reprendre les armes. Fatigués de réinventer nos vies, nous sommes parfois désenchantés. Néanmoins, il y a un foyer en nous que les souffrances, les déceptions et les errances ne peuvent altérer. C’est en lui que nous devons (pouvons) puiser une énergie nouvelle.

            Ce qui nous arrive est conditionné par ce que l’on donne de nous. Il n’y a pas de fatalité. Certains se laissent ensevelir sous les pierres qu’on leur lance, d’autres construisent  leur muraille, d’autres encore leur royaume.

            C’est notre désir d’être au monde qui détermine notre façon d’évoluer. Etre désenchantés est une vision de l’esprit, peut-être le voulons-nous bien. (…)

C’est bien trop souvent l’inertie de notre âme qui nous éreinte.

(…)

Nous donnons trop d’importance à nos lamentations. On s’inquiète de nos souffrances quand il faudrait seulement les laisser nous traverser. Elles font partie de la vie.

Sont-elles si graves ? C’est leur faire trop d’honneur que de les laisser nous désenchanter. Il y a tant à vivre, à dévorer, à découvrir, à bouleverser. Consentir à la fatigue générale, c’est occulter l’abondance qui nous habite." 

D’après Eloge du désir. Blanche de Richemont.

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18 mai 2013

Rain Rain Rain

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(...)

et pour se promener

pour jouer au football

pour faire du cerf volant

pour jardiner

et pour photographier

par temps de pluie

on fait comment ?

 

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(...)

Week-end.

Le temps de poser.

de retrouver un peu de temps..

échanger, transmettre, être avec les enfants, les sentir vivre

et puis penser, lire, être là...

celle qui me nourrit ce matin là, c'est encore Etty Hillesum...

"Et puisque désormais libre, je ne veux plus rien posséder, désormais tout m'appartient et ma richesse intérieure est immense. [... ]

Désormais, je vis et je respire par l'«âme». [... ]
Aujourd'hui, à la minute présente, je vis, je vis pleinement, la vie vaut d'être vécu et si j'apprenais que je dois mourir demain, je dirais : dommage, mais je ne regrette rien. [... ]
Ce qui importe en définitive, c'est l'âme, où l'être, comme on voudra, qui rayonne à travers la personne. [... ]

La source vitale doit toujours être la vie elle-même, non une autre personne. Beaucoup de gens, de femmes surtout, puisent leur force chez un autre être, c'est lui leur source vitale, non la vie elle-même. Situation fausse, défi à la nature. [...]

Il y a en moi un puits très profond. Et dans ce puits, il y a Dieu. Parfois je parviens à l'atteindre. Mais plus souvent, des pierres et des gravats obstruent ce puits, et Dieu est enseveli. Alors il faut le remettre au jour.
Il y a des gens, je suppose, qui prient les yeux levés vers le ciel. Ceux-là cherchent Dieu en dehors d'eux. Il en est d'autres qui penchent la tête et la cachent dans leurs mains, je pense que ceux-ci cherchent Dieu en eux mêmes. [... ]

Processus lent et douloureux que cette naissance à une véritable indépendance intérieure. Certitude de plus en plus ferme de ne devoir attendre des autres ni aide, ni soutien, ni refuge, jamais. Les autres sont aussi incertains, aussi faibles, aussi démunis que toi-même. Tu devras toujours être la plus forte. Je ne crois pas qu'il soit dans ta nature de trouver auprès d'un autre les réponses à tes questions. Tu seras toujours renvoyée à toi-même. Il n'y a rien d'autre. Le reste est fiction. Mais c'est dur d'être ramenée sans cesse à cette vérité. Surtout en tant que femme. Quelque chose te poussera toujours à te perdre dans un autre, dans « l'être unique ». Encore une fiction - une belle fiction, certes. Deux vies ne sauraient coïncider. Pour moi, en tout cas. Tout au plus connait-on quelques moments de communion. Mais ces moments justifient-ils une association pour la vie ? Suffisent-ils à cimenter une vie commune ? Il y a aussi, tout de même, un sentiment fort. Et parfois heureux. Seule. Mon Dieu. Mais dure. Car le monde reste inhospitalier. Mon coeur est plein de passion, mais jamais pour un seul être. Pour tous. C'est un coeur très riche, semble-t-il. Autrefois je me voyais donnant ce coeur, un jour, à une seule personne. Mais c'est irréel. Et lorsqu'on découvre à vingt-sept ans des « vérités » aussi dures, cela vous remplit parfois de désespoir, de solitude et d'angoisse, mais vous donne aussi un sentiment d'indépendance et de fierté. Je suis confiée à ma seule garde et devrai me suffire à moi-même. L'unique critère dont on dispose, c'est soi même. Je ne cesse de le répéter. Et l'unique responsabilité dont tu pourras te charger dans cette vie, c'est celle de ta personne mais alors il faudra le faire pleinement. [... ]

Quelque chose est en train de se passer en moi, et j'ignore s'il s'agit d'un simple changement d'humeur ou d'une mutation essentielle. On dirait que d'un seul coup j'ai retrouvé une base solide. J'ai acquis un peu plus d'autonomie et d'indépendance. (...)


(...)


Que les difficultés sont encore à venir, même si je crois en avoir affronté déjà un bon nombre. Je vais étudier, tâcher de pénétrer en profondeur la réalité, mais (J'y vois un devoir) je me laisserai égarer, détourner en apparence de ma voie, par tout ce qui fondra sur moi : à force de le faire, j'acquerrai à la longue des certitudes de plus en plus solides. Jusqu'au jour où plus rien ne pourra me troubler, où j'aurai développé un très grand équilibre, assez solide pour me permettre d'évoluer dans toutes les directions. J'ignore si je suis capable d'une grande et bonne amitié. Et si ce n'est pas dans ma nature, voilà une vérité à regarder en face. En tout cas, ne jamais s'abuser soi-même sur quoi que ce soit. Et savoir garder la mesure. Et ta seule mesure, c'est toi-même. J'ai l'impression, jour après jour, d'être mise à fondre dans un grand creuset, et pourtant d'en ressortir à chaque fois.
Il est des moments où je pense : ma vie va complètement de travers, j'ai commis une faute quelque part, mais cela n'est vrai que si l'on a en tête un modèle de vie particulier, en comparaison duquel la vie réelle, celle que l'on mène, paraît fautive. [... ]

Prise de conscience, et par là libération, des forces profondes qui étaient en moi. Moi aussi, avant, j'étais de ceux qui se disent de temps à autre : « Au fond, je suis croyante. » Et maintenant je sens la nécessité de m'agenouiller soudain au pied de mon lit, même dans le froid d'une nuit d'hiver. Être à l'écoute de soi-même. Se laisser guider, non plus par les incitations du monde extérieur, mais par une urgence intérieure. Et ce n'est qu'un début. Je le sais. Mais les premiers balbutiements sont passés, les fondements sont jetés. [... ]

 [... ]

Il est tout de même réconfortant de penser que de tels moments sont possibles dans ce monde déchiré. Et il y a peut-être bien plus de choses possibles que nous ne voulons nous l'avouer. Qu'on puisse retrouver ainsi un amour de jeunesse en jetant un regard souriant sur le passé. Une réconciliation avec le passé. C'est ce que j'ai éprouvé. C'est moi qui donnais le ton ce soir, Max me suivait - et c'était déjà beaucoup.
On ne peut donc plus dire que tout est hasard, émaillé çà et là d'une amourette ou d'une aventure captivante. On a peu à peu le sentiment d'un destin où les faits s'organisent l'un après l'autre en une série significative. Quand je nous revois marchant dans la ville obscure, mûris et attendris par notre passé, sûrs d'avoir encore beaucoup à nous dire mais laissant dans le vague la date de notre prochaine rencontre (dans quelques années peut-être ?), la possibilité de tels moments dans une vie m'emplit de grave et profonde gratitude. Il est près de minuit et je vais me coucher. Oui, c'était très beau. A la fin de chaque jour, j'ai envie de dire : tout de même, la vie est très belle. Oui, je suis en train de me faire une opinion personnelle sur cette vie, et même une opinion que je me sens capable de défendre face à d'autres gens, et ce n'est pas peu dire pour la fille timide que j'ai toujours été. Et il y a des conversations comme celle d'hier soir avec Jan Polak, où la parole devient un témoignage. [... ]

 

De minute en minute, de plus en plus de souhaits, de désirs, de liens affectifs se détachent de moi ; je suis prête à tout accepter, tout lieu de la terre où il plaira à Dieu de m'envoyer, prête aussi à témoigner à travers toutes les situations et jusqu'à la mort, de la beauté et du sens de cette vie: si elle est devenue ce qu'elle est, ce n'est pas le fait de Dieu mais le nôtre. Nous avons reçu en partage toutes les possibilités d'épanouissement, mais n'avons pas encore appris à exploiter ces possibilités. On dirait qu'à chaque instant des fardeaux de plus en plus nombreux tombent de mes épaules, que toutes les frontières séparant aujourd'hui hommes et peuples s'effacent devant moi, on dirait parfois que la vie m'est devenue transparente, et le coeur humain aussi ; je vois, je vois et je comprends sans cesse plus de choses, je sens une paix intérieure grandissante et j'ai une confiance en Dieu dont l'approfondissement rapide, au début, m'effrayait presque, mais qui fait de plus en plus partie de moi-même. Et maintenant, au travail. [... ]

Et si Dieu cesse de m'aider, ce sera à moi d'aider Dieu. Peu à peu toute la surface de la terre ne sera plus qu'un immense camp et personne ou presque ne pourra demeurer en dehors. [... ]

Quand on projette d'avance son inquiétude sur toutes sortes de choses à venir, on empêche celles-ci de se développer organiquement. J'ai en moi une immense confiance. Non pas la certitude de voir la vie extérieure tourner bien pour moi, mais celle de continuer à accepter la vie et à la trouver bonne, même dans les pires moments. Quand on projette d'avance son inquiétude sur toutes sortes de choses à venir, on empêche celles-ci de se développer organiquement. J'ai en moi une immense confiance. Non pas la certitude de voir la vie extérieure tourner bien pour moi, mais celle de continuer. [... ]

(...)

Je ne manque pas de force pour affronter la grande souffrance, la souffrance héroïque, mon Dieu, je crains plutôt les mille petits soucis quotidiens qui vous assaillent parfois comme une vermine mordante. Enfin, je me gratte désespérément et me dis chaque jour : encore une journée sans problèmes, les murs protecteurs d'une maison accueillante glissent autour de tes épaules comme un vêtement familier, longtemps porté ; ton couvert est mis pour aujourd'hui et les draps blancs et les couvertures douillettes de ton lit t'attendent pour une nuit de plus, tu n'as donc aucune excuse à gaspiller le moindre atome d'énergie à ces petits soucis matériels. Utilise à bon escient chaque minute de ce jour, fais-en une journée fructueuse, une forte pierre dans les fondations où s'appuieront les jours de misère et d'angoisse qui nous attendent. 

(...)


Maintenant je vais me consacrer à cette journée. Je vais me répandre parmi les hommes aujourd'hui et les rumeurs mauvaises, les menaces m'assailliront comme autant de soldats ennemis une forteresse imprenable. [... ]

Et quand on a commencé à faire route avec Dieu, on poursuit tout simplement son chemin, la vie n'est plus qu'une longue marche – sentiment étrange. [... ]

Je suis un chemin et me sens guidée au long de ce chemin. Je retrouve toujours mes souvenirs et sais dès lors mieux que jamais comment agir. Où plutôt je sais que devant toute situation je saurai comment agir.
« Amour, je veux continuer à prier »
Je l'aime tant.
Je me demande une fois de plus aujourd'hui s'il ne serait pas plus facile de prier de loin pour quelqu'un en continuant à vivre avec lui intérieurement que de le voir souffrir à ses côtés. Advienne que pourra - je ne cours qu'un risque : que mon coeur ne résiste pas à mon amour pour lui.
Je voudrais lire encore un peu.
Quand je prie, je ne prie jamais pour moi, toujours pour d'autres, ou bien je poursuis un dialogue extravagant, infantile ou terriblement grave avec ce qu'il y a de plus profond en moi et que pour plus de commodité j'appelle Dieu. Prier pour demander quelque chose pour soi-même me paraît tellement puéril. Pourtant je lui demanderai, demain, s'il lui arrive de prier pour lui-même ; en ce cas je le ferai aussi pour moi, malgré tout. Je trouve non moins puéril de prier pour un autre en demandant que tout aille bien pour lui : tout au plus peut-on demander qu'il ait la force de supporter les épreuves. Et en priant pour quelqu'un, on lui transmet un peu de sa propre force. [... ]

Mon Dieu, cette époque est trop dure pour des êtres fragiles comme moi. Après elle, je le sais, viendra une autre époque beaucoup plus humaine. J'aimerais tant survivre pour transmettre à cette nouvelle époque toute l'humanité que j'ai préservée en moi malgré les faits dont je suis témoin chaque jour. C'est aussi notre seul moyen de préparer les temps nouveaux : les préparer déjà en nous. Je suis intérieurement si légère, si parfaitement exempte de rancoeur, j'ai tant de force et d'amour en moi. J'aimerais tant vivre, contribuer à préparer les temps nouveaux, leur transmettre cette part indestructible de moi même ; car ils viendront, certainement. Ne se lèvent-ils pas déjà en moi jour après jour ? [... ]

Toi qui prétends croire en Dieu, sois un peu logique, abandonne- toi à sa volonté et aie confiance. Tu n'as donc plus le droit de t'inquiéter du lendemain. [... ]

En moi un immense silence, qui ne cesse de croître. Tout autour, un flux de paroles qui vous épuisent parce qu'elles n'expriment rien.
Il faut être toujours plus économe de paroles insignifiantes pour trouver les quelques mots dont on a besoin. Le silence doit nourrir de nouvelles possibilités d'expression. [... ]

A chaque instant de sa vie, il faut être prêt à une révision déchirante et à un nouveau départ dans un cadre entièrement différent. [... ]

[... ]

Il faut apprendre à vivre avec soi-même comme avec une foule de gens. On découvre alors en soi tous les bons et les mauvais côtés de l'humanité. Il faut d'abord apprendre à se pardonner ses défauts si l'on veut pardonner aux autres. C'est peut-être l'un des apprentissages les plus difficiles pour un être humain, je le constate bien souvent chez les autres (et autrefois je pouvais l'observer sur moi-même aussi, mais plus maintenant), que celui du pardon de ses propres, erreurs, de ses propres fautes. La condition première en est de pouvoir accepter, et accepter généreusement, le fait même de commettre des fautes et des erreurs. [... ]

J'ai écrit un jour dans un de mes cahiers: je voudrais suivre du bout des doigts les contours de notre temps. J'étais assise à mon bureau et ne savais comment approcher la vie. C'était parce que je n'avais pas encore accédé à la vie qui était en moi. C'est à ce bureau que j'ai appris à rejoindre la vie que je portais en moi. Puis j'ai été jetée sans transition dans un foyer de souffrance humaine, sur l'un des nombreux petits fronts ouverts à travers toute l'Europe. Et là, j'ai fait soudain l'expérience suivante : en déchiffrant les visages, en déchiffrant des milliers de gestes, de petites phrases, de récits, je me suis mise à lire le message de notre époque - et un message qui en même temps la dépasse. Ayant appris à lire en moi-même, je me suis avisée que je pouvais lire aussi dans les autres. Là-bas j'ai vraiment eu l'impression de suivre à tâtons, d'un doigt sensible aux moindres aspérités, les contours de ce temps et de cette vie. Comment se fait-il que ce petit bout de lande enclos de barbelés, traversé de destinées et de souffrances humaines qui viennent s'y échouer en vagues successives, ait laissé dans ma mémoire une image presque suave ? Comment se fait-il que mon esprit, loin de s'y assombrir, y ait été comme éclairé et illuminé ? J'y ai lu un fragment de ce temps qui ne me parait pas dépourvu de sens. A ce bureau, au milieu de mes écrivains, de mes poètes et de mes fleurs, j'ai tant aimé la vie. Et là-bas, au milieu de baraques peuplées de gens traqués et persécutés, j'ai trouvé la confirmation de mon amour de cette vie. Ma vie, dans ces baraques à courants d'air, ne s'opposait en rien à celle que j'avais menée dans cette pièce calme et protégée. A aucun moment je ne me suis sentie coupée d'une vie qu'on prétendait révolue : tout se fondait en une grande continuité de sens. Comment ferai-je pour décrire tout cela ? Pour faire sentir à d'autres comme la vie est belle, comme elle mérite d'être vécue et comme elle est juste - oui : juste. 

Notre unique obligation morale, c'est défricher en nous-même de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu'à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition. [... ]

Ne pourrait- on apprendre aux gens qu'il est possible de « travailler » à sa vie intérieure, à la reconquête de la paix en soi. De continuer à avoir une vie intérieure productive et confiante, par-dessus la tête -si j'ose dire- des angoisses et des rumeurs qui vous assaillent ? Ne pourrait on leur apprendre que l'on peut se contraindre à s'agenouiller dans le coin le plus reculé et le plus paisible de son moi profond et persister jusqu'à sentir au-dessus de soi le ciel s'éclairer- rien de plus, rien de moins. [... ]

Porter des fruits et des fleurs sur chaque arpent où l'on a été planté, ne serai-ce pas notre finalité ? Et ne devons nous pas aider à sa réalisation ? [... ]

Donne-moi chaque jour une petite ligne de poésie, mon Dieu, et si jamais je suis empêchée de la noter, n'ayant ni papier ni lumière, je la murmurerai le soir à ton vaste ciel. Mais envoie-moi de temps en temps une petite ligne de poésie. [... ]

 

 

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17 mai 2013

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(...)

depuis plusieurs mois, à la une d'Amours et Sentiments !

ça en devient suspect.

 

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16 mai 2013

Aller à sa propre vie en conscience et vérité

J'aime à l'entendre dés ce petit matin, la maison endormie, au petit déjeuner,
j'aime à l'entendre et à le répéter avec douceur et fermeté :

oui, c'est vrai, "pour qu’aimer soit possible, il faut de la sûreté »...
« Il faut de la confiance, une sûreté qui rend possible la consolidation de l’art d’aimer »

"S’avouer son incomplétude participe à son estime de soi. Boiter c’est la condition du marcheur. Faire croire qu’on est abouti c’est un mensonge. Et puis vouloir croire qu’il faut être comme tout le monde… Tout le monde ça n’existe pas, c’est personne ".

Et elle finit de rajouter :

Aimer enfin, c'est la gratuité : l’altérité va avec quelque chose de l’inattendu, l’humanité ne vit pas que de l’échange, mais aussi du don.
Te laisseras-tu bénir et être aimé tel-le que tu es 
et non pas en dépit de ce que tu es comme on le vit souvent ?

Véronique Margron en ces heures là, comme une trouée d'air pur

et c'est pas plus mal.

(...)

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15 mai 2013

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(...)

"Le monde reste une énigme. Il est neuf chaque jour et il nous appartient de le déchiffrer. C'est notre affaire à nous les vivants, d'interroger ce mystère.
Et même si nous échouons finalement, au moins aurons-nous livré bataille. Nous nous serons efforcés de percer l'enigme à quoi le monde et nos vies s'apparentent. On aura l'éternité pour nous reposer de nos peines"

d'aprés Pierre Bergounioux. Entretien Février 2012.

(...)

Il me manque de temps pour dire, pour saisir le réel,
il me manque de sOleil, 
il me manque de Paris,

à défaut et en attendant, 
je fais de la reprise de mes photos
...
passées.

 

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(...)

Je vais avoir 40 ans bientôt.
Martin, mon fils va sur ses 11 ans.
Mon père aura peut-être 66 ans.

La question de la paternité travaille forcément
en soi
dedans

et dehors.

La question de se mettre à nu

aussi

ici

de s'exposer, de s'écrire 
de se dire...

alors...

Par ci par là sur immemory 
quelques mots, quelques images

vraiment modestement, 
tout simplement

 

être père, disent-ils ? (genre photo de famille ?)
http://prumtiersen.typepad.com/journal/2011/06/%C3%AAtre-p%C3%A8re-disent-ils.html

C'est quoi être père ?

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http://prumtiersen.typepad.com/journal/2009/07/etre-p%C3%A8re-cest-ne-jamais-manquer-de-ressources-pour-%C3%A9gayer-le-temps----etre-p%C3%A8re-cest-avoir-%C3%A9t%C3%A9-fils-et-brico.html

Des racines et des ailes (avec les mots du GRAND Paul Auster)

http://prumtiersen.typepad.com/journal/2006/11/il_avait_enfin_.html

ou de biais si fort :
http://prumtiersen.typepad.com/journal/page/2/

...

Alors aussi
je découvre (en retard ?)

le travail de face et
sans fard

de Grégoire Korganow.

Il ne sélectionne pas ceux qu’il photographie.
L’émotion naît d’elle-même devant son objectif 
L’exercice, qui bouscule la figure masculine établie.
Le résultat dit ce LIEN père-FILS.

je reste longtemps à les regarder ces photos là
car elle raconte beaucoup et en essentiel
pour moi cette étrange et si forte relation

En partage, extrait ici :

(...)

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(...)

L'auteur de ces photographies est à découvrir ici.

 

 

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14 mai 2013

Jean Claude Guillebaud percute simple mais bien :

"Quand les tragédies du monde occupent l’espace médiatique, comme c’est le cas ces temps-ci (Syrie, Mali, Irak…), quand la souffrance sociale assiège la vieille Europe, la publicité, comme si de rien n’était, poursuit sa chanson. Avec ses accents nunuches et sa musique guillerette, elle contraste avec la gravité qui prévaut alentour. Elle roucoule, elle chantonne, elle s’esclaffe comme avant. Entre deux bombardements, elle nous vante les mérites de la crème autobronzante ou du yaourt Taillefine sur des airs de kermesse. Du même coup, deux de ses caractéristiques nous apparaissent encore mieux qu’à l’ordinaire : sa bêtise et son ­impunité.

Concernant la première, il est vrai qu’on pourrait composer un grand bêtisier publicitaire. Il attesterait l’ignorance ou ­l’inculture de la plupart des « créatifs » dont les trouvailles concourent à fabriquer l’air du temps. C’est flagrant lorsque ces derniers réemploient, avec des intentions provocatrices, les symboliques religieuses. On pourrait comprendre leur envie de choquer pour mieux attirer l’attention, si cela ne s’accompagnait de contresens risibles. Par exemple l’utilisation du mot « zen » pour inviter les consommateurs à une boulimie décomplexée, alors même que, dans l’imaginaire boud­dhiste, le mot a exactement le sens inverse : se purger des désirs, notamment du désir de possession. Même bêtise chez cette grande marque ­(Guerlain), qui use et abuse depuis des lustres du mot « samsara », nom donné à l’un de ses parfums pour évoquer la « réincarnation » d’une femme parfumée. Amalgame idiot puisque, pour les boud­dhistes, le samsara désigne le cycle infernal des réincarnations, c’est-à-dire quelque chose comme l’enfer.

Si les clichés recyclés par les pubs sont détournés de leur sens par l’analphabétisme des créatifs, les commentaires des publicitaires ne valent guère mieux. On a envie de sauter au plafond en entendant Maurice Lévy, président de Publicis, s’exclamer un jour : « Dans un monde qui perd ses repères, la marque reste un élément de référence solide, une garantie et en même temps un lien. » Avec la même niaiserie, Jacques Séguéla nous assurait que Jésus-Christ fut un publicitaire de génie avec son slogan : « Aimez-vous les uns les autres. » Ah oui, quel joli bêtisier on pourrait composer !

Si on ne le fait pas, c’est pour une raison très simple : il est permis de se moquer du rabbin, du curé, de Jésus-Christ, de Bouddha ou de Mahomet, mais interdit d’ironiser sur une marque commerciale. Protégées par une législation sourcilleuse, lesdites marques ont réinventé à leur profit le délit de « blasphème », que nos sociétés sécularisées se félicitent d’avoir supprimé en matière religieuse. Ce privilège permet aux marques de se soustraire – par la loi – à toute critique. À bien réfléchir, c’est fou. La publicité est devenue la seule activité humaine qui, en payant, place sa propre sottise à l’abri de toute moquerie. Les marchands, en somme, n’occupent plus le devant du temple comme dans la tradition biblique. Ils sont eux-mêmes devenus le temple."

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(...)

Dois-je dire fort que l'Eloge du Désir de Blanche de Richemont
depuis quelques jours ne me quitte pas

je savoure, pas à pas, son chemin...
de pensées, de sensations, de conseils pour une vie
plus dense,
savoureuse

c'est un récit philosophique construit, charpenté

animé

mais

au final

comme des psaumes

des aphorismes

à chaque page

de ces mots qui vous transforment...

...

Je retrouve le souffle nécessaire alors.

(...)

infimes extraits à partager  :

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(...)

"Lorsqu'on force le talent, on manque la grâce"

...

"Celui qui crée a recours à l'ailleurs. Il écoute et voit autrement car vaincu, il cherche dans la vie le signe que tout est encore possible, que les anges ne l'abandonnent pas"

...

"LA seule chose qui importe n'est pas notre lignes, nos rides, notre bien être, mais la possibilité d'être animé, d'avoir envie. Car rien n'arrête le désir en marche. Notre feu est notre lumière.

...

LA seule issue de nous-mêmes, c'est l'oubli.

L'oubli de soi dans l'amour, la sensualité, une oeuvre, un engagement...Un coup de pied que l'on donne au fond de la piscine pour remonter à la surface. Le désir est justement ce qui fait donner ce coup de pied. Lui seul nous SAUVE DE NOUS MEMES. Lui seul peut nous DELIVRER de cet égo qui prend trop de place en nous.

...

S'oublier dans une histoire qui nous dépasse

...

Etre guidé par une main, une force qui n'a pas de nom

...

Celui qui se garde, se perd.

...

Ils auront vécu au plus haut d'eux mêmes. Leur vie aura été riche d'avoir été offerte. Peu importe qu'elle ait été brève. Les traces qu'elle aura laissées auront des allures d'éternité. 

...

Se livrer CORPS et AME à son désir est une philosophie de l'instant. C'est une façon de s'emparer du temps, de s'en imprégner...

...

 

 

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(...)

En soi, le présent est léger. C'est le passé et la perspective du futur qui nous pèsent. Nos aspirations doivent nous jeter DANS le présent car c'est lui qui fonde ce qui adviendra. TOUT dépend de lui. Notre regard se trompe de temps. Il fixe le passé et peine à s'en affranchir. (...) Jouissons du présent comme d'une surprise. 
s'il y a une esthétique du désir, elle consiste dans l'art d'éprouver l'instant. L'art d'une vie : sculpter le temps en INTENSIFIANT le présent.

...

Ne pas espérer, agir.

(...)

Le désir parfois donne l'illusion de disparâitre mais il va chercher de nouvelles sources.

(...)

C'est notre regard qui enfant le monde

(...)

Nous n'avons pas besoin de repos, mais de fous rires, de nuits blanches, de coups de foudre, de rencontres authentiques, d'instants qui font sens, de vibration, de transport. Ce ne sont pas tant les massages, les méthodes zen et les guides spirituels qui vont raviver la flamme qu'une nuit d'amour, une bonne tempête au large des côtes, l'épuisement d'une marche en montagne...notre force de vie malgré les errances et les attentes, c'est elle qui nous pousse à nous réinventer. A ne jamais renoncer à nous émerveiller.

(...)

Nous sommes l'oeuvre de notre vie.

(...)

 

Alors que si vous voulez découvrir ce livre,
et laisser son effet se produire

Allez là --> Le livre à venir.

 

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13 mai 2013

Le goût thé en libr'air.

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(...)

Certains lieux sont uniques,
rares.

Celui là, l'est particuliérement.

la simplicité,
une présence,
de la douceur,
un esprit de famille,
de l'accueil,
des mots,
des couleurs,
des fleurs,
des thés,
des livres,
du dedans
du dehors
des rencontres,
des paroles vraies

du partage à vivre
du temps à vivre...

 

ce lieu est sur la commune de Coutures (49), pas bien loin du chateau de Montsabert
et Patricia fait vivre avec simplicité
et l'espace et la parole..

un lieu où se poser,
se reposer,
se retrouver,
boire un thé,
lire, grignotter, causer,
prendre le temps...

allez donc voir là : 

Le goût thé en libr'air.
http://www.megapolemontsabert.fr/plugin/pages/5714.html

Et prenez le risque d'y aller
pour de vrai,

 

en lien aussi : 

https://www.facebook.com/megapole.montsabert?fref=ts

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12 mai 2013

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(...)

Vouloir délivre.

Cela permet de créer

De la matière à vivre.

(...)

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(...)

Toujours.

Je crois que Toujours me fait peur. Toujours m'attire aussi. 

A l'échelle humaine, Toujours pourtant n'existe pas.

Malgré cela nous ne cessons de vouloir approcher son éternité fascinante, effrayante

de la défier, au moyen d'émouvantes (sans doute) tentatives pour vaincre le temps.

Parmi elles, l'Amour, la plus fragile de toutes.

Toujours.

(...)

 

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(...)

les fleurs

le printemps

tu veux un thé ?

(...)

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(...)

il fait pas bien chaud

alors rester là, et
laisser la lumière faire
son travail de sculpture

des journées en pointillés.

pour savourer un temps

Toujours

trop court.

(...)

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10 mai 2013

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(...)

Ce matin encore, le vent, le gris et les tulipes qui luttent.
Comme un chercheur d'or, regarder autour de soi pour que la merveille soit
la découvrir, l'aider à exister, à circuler, à atteindre les yeux des adultes encore enfants
Comme d'autres, être juste un passeur...

C'est vrai, "on ne sait pas comment les choses adviennent. Il s'agit juste de les rendre possibles, il s'agit d'ouvrir des portes,
de dégrillager les fenêtres. De briser la glace, ou les verrous, ou les habitudes de la paresse".

Ce matin encore, le vent, le gris et les tulipes resplendissent.

(...)

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08 mai 2013

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(...)

HAPPY BIRTHDAY EMMA.

(...)

L'invasion des fourmis, le vent en diagonale n'auront pas eu raison de nous.
pour parvenir à ne pas perdre "le fil de la merveille"
prendre le temps de vivre ensemble ce mOment là,
la vie devant soi, à 13 ans, forcément !
L'amitié partagée, échange de soi, ensemble
magie du dedans,
quand le temps est pris de rendre
sensible
le moment
et le dehors,
quand dans le ciel,
s'envolent des éclats de lumière.

HAPPY BIRTHDAY MA GRANDE

(...)

 

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06 mai 2013

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(...)

au matin, bien sûr...

la lumière inonde avec douceur la maison, silence.

accueillir l'instant, se refaire, ne pas être une fatalité.

Point.

Et pour débuter la semaine,
encore à inventer...

se laisser porter par la joie du désir,
nécessaire.

et

en extrait
pour dire ça :

 

« Vivre de désir, c’est s’offrir à l’existence.

Ne rien lui demander en retour, s’ouvrir à sa propre abondance et à l’abondance de tout ce qui est. Toujours le don brise les résistances.

 

S’offrir sans rien attendre nous donne la possibilité de ne jamais renoncer à oser nos désirs les plus improbables, car même inaboutis, leur dynamique nous porte.

La seule solution est de transformer nos désirs déchus, de s’inspirer de leurs blessures pour trouve rune autre direction et donner naissance à une quête nouvelle.

 

Il n’y a pas d’échec, seulement la nécessité d’une autre voie.

 

Toujours, le renoncement pourrit l’être ; il faut viser la métamorphose. Ainsi, il n’est pas question de se dire «  je dois » ou « je ne peux pas qui sont des freins aux désirs qui les réduisent mais « je veux » ou « j’aime » qui laissent la porte ouverte à notre foisonnement.

Vivre de désir, ce n’est pas être volontariste, c’est s’alléger. Oser une adhésion sereine, lucide et totale de notre être à la réalité. Une confiance.

Cela amène à une expansion de soi qui avive sans cesse notre élan de vie.

 

On ne survit plus. On vit à notre image.

 

Alors on apprend à aimer car l’autre reste une fin en soi et non un moyen pour accéder à nous-mêmes. Nous n’avons pas besoin de lui pour exister car nous savons puiser en nous la force de maintenir la flamme.

Nous nous nourrissons du partage magnifique qui est le notre. Notre être au monde devient un don pour l’autre, pour l’existence. A l’image de ces fleurs, qui se contentent d’éclore, pour rien, par beauté, par grâce. »

 

D’après Vivre par grâce. In Eloge du désir. Blanche de Richemond.

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03 mai 2013

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"Qu'il est possible d'échapper à l'angoisse de la solitude et à la fadeur de l'existence, voilà donc ce qui a été révélé aux amants dans le paroxysme et la douceur de la communion. Du même coup, et comme par réaction, il n'est aucune forme de distance, de rétraction, ou d'opacité, qu'ils ne ressentent avec effroi comme un début de solitude. Aussi en viennen-ils parfois à vouloir tellement s'incorporer ou s'assimiler à la personne aimée qu'elle n'a plus d'existence hors d'eux-mêmes.

Telle est la contradiction dont viet et se déchire l'amour."

Nicolas Grimaldi.
Métamorphose de l'amour.

 

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02 mai 2013

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(...)

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(...)

   

 

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30 avril 2013

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Photo : Corinne Silva

 

 

http://www.ensemble-dialogos.org/photos/photos_judith.htm

 

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(...)

Pour finir le mois d'Avril...

Autrement que sur du "Till I collapse"...

Dire encore Ludovic Janvier...

(et ce n'est pas parce que c'est le préféré de Marie Richeux !)

 

« Respirer mis à part… »

Suivi de

« Sur quel moi danser »

Extraits de : Une poignée de monde, Ludovic Janvier. Gallimard, 2006.

 

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Fin »